L’ado invisible

butterfly Lorsque j’étais au  secondaire, je rêvais d’être invisible afin que personne ne puissent me voir. J’avais tellement honte de moi que je ne disais pas un mot à personne, sauf peut-être à quelques amies. J’étais celle qui se faufilait et faisait tout pour passer inaperçu, celle qui se renfermait dans ses livres pour ne pas avoir à lever la tête et faire face à quelqu’un. Celle qui ne s’impliquait dans rien pour ne pas être obligé d’interagir avec ses collègues de classe. J’acceptais même, et avec soulagement, un gros 0 % comme note pour mes présentations orales que je refusais de faire. Juste l’idée de m’exposer et de parler devant la classe  m’angoissait au maximum.

Je ne voulais tellement pas que l’on découvre qui j’étais réellement que je refusais d’entrer dans la cafétéria à l’heure du dîner pour ne pas être vu et ridiculisée. Cela va sans dire que je dînais presque jamais, j’avais toujours faim, mais mes nerfs empêchaient mon estomac de recevoir de la nourriture. Combien souvent je suis tombée sans connaissance rendu à la maison ! Sans parler de toutes les fois que je suis tombée malade … une simple grippe devenait une laryngite, une laryngite devenait une amygdalite, une amygdalite devenait une bronchite … tout cela parce que j’avais trop honte de ce que le monde dirait de moi. 

Bien sûr qu’il y a eu de bons moments, comme la fois où mon prof d’anglais m’a dit qu’il était très impressionné par mes talents d’écriture (j’allais à l’école anglaise) et que je devrais continuer à écrire et me faire publier (voilà un rêve que je n’ai pas encore réalisé). Ou bien la fois où un ami m’a surpris à chanter et qu’il a adoré ma voix au point ou il me disait de poursuivre une carrière dans ce domaine (rêve que j’ai eu la possibilité de réaliser, mais j’ai fais le choix de poursuivre autre chose – par contre, il n’est jamais trop tard).

Quand les autres me parlaient au secondaire, c’était pour me demander « Qui chante telle chanson ? », « En quelle année est sorti tel album ? », « Comment se nomme le bassiste de tel groupe ? », etc. Vous voyez le genre de questions – et je connaissais toutes les réponses ! Une vraie encyclopédie musicale. La musique était un de mes moyens d’évasion, l’autre était l’écriture.

Dans mes rêves, je devenais quelqu’un d’important, admirée et respectée ; un peu comme un papillon qui, lors de son premier envol, se sens libre et éclatant de beauté et de couleurs. J’ai pris plus de 20 ans à devenir ce papillon, et maintenant je sais que je suis quelqu’un d’important, admirée et respectée par la personne la plus extraordinaire qu’il soit : moi-même. Tout le monde qui m’entoure aujourd’hui, s’ils le choisissent, récoltent le bonheur, la bonté et la beauté que je répands. Non ! Je ne me lance pas de fleurs ; j’en cultive et j’en prends soin. Je ne me pettes pas les bretelles ; je m’en sers pour me supporter dans des moments difficiles. Je ne m’enfle pas la tête ; je l’utilise pour apprécier pleinement ce que je suis devenue.

Aujourd’hui, il y a pleins de ressources pour aider les ados (chrysalides) à sortir de leurs cocons, aller chercher de l’encouragement, se faire entendre et se transformer en papillon majestueux. Être adolescente aujourd’hui, j’en profiterais au maximum pour m’assurer d’avoir la confiance nécessaire afin de profiter de toutes les opportunités qui se présentent à moi.

Et toi l’ado invisible ? Que fais-tu pour devenir papillon ?

Nathalie

Pour savoir comment développer sa confiance en soi, communique avec nous à info@yocoach.ca.

.

  


Copyright @2008-2010 Yo! Coach